Projet :

70° Sud Boulogne- Billancourt










Reportage photo de Julien Lanoo

Description :

Dans un parcours où le pouvoir de l’architecte risque d’être très limité, dans un cadre où les conditions économiques sont incertaines, comment imaginer une architecture qui puisse résister au bouleversement ?

L’architecture de la crise.

Ce projet, dont le concours a eu lieu en 2008, résulte d’une part d’un processus extrêmement complexe de fabrication de la ville et d’autre part d’un moment économique très singulier.

Localisé dans l’ancien site des usines Renault à Boulogne-Billancourt, le projet fait partie du Trapèze Ouest, secteur de l’opération Ile Seguin-Rives de Seine qui constitue l’un des plus importants pôles émergents d’Île-de- France.

Il s’agit d’un nouveau quartier mixte, à la fois résidentiel et actif, en pointe dans le domaine du développement durable. Chaque îlot du Trapèze fait l’objet d’une consultation architecturale de haut niveau. L’équilibre entre logements libres et sociaux, bureaux, espaces verts, commerces, équipements publics, adjoint à la vocation culturelle ambitieuse de l’île Seguin, contribue à créer un lieu de vie exceptionnel à l’ouest immédiat de Paris.

Dans ce territoire se croisent de manière évidente intérêts publics et privés.

Le cantonnement disciplinaire dont le système français est parfois victime est ici particulièrement manifeste: il se traduit par la séparation nette des compétences, entre aménagement, gestion, urbanisme, architecture, paysage, programmes et conduite des projets.
Certes, il y a de la concertation, mais le nombre et la diversité des intervenants font que les rares points d’intersection entre les différentes visions deviennent rapidement normatifs.

Un programme et des volumes quasi imposés, un coût de construction revu à la baisse, une crise économique prise de plein fouet, un système de promotion immobilière privé éloignant le concepteur du chantier, des labels de certifications se révélant rigides : voici les éléments constituant la réalité dans laquelle doivent s’inscrire une pensée, une vision, une architecture.

Imaginer un objet qui puisse résister.

La première étape de notre travail a consisté à transformer ce contexte hostile en questionnement fécond :
« Dans un parcours où le pouvoir de l’architecte sera probablement très limité, dans un cadre où les conditions économiques sont incertaines, comment imaginer une architecture qui puisse résister au bouleversement ? Qui puisse rassurer dans les moments d’incertitude ? Qui puisse faire face à la situation de crise ? Qui puisse justifier sa raison d’être par elle-même et à tout moment ? Quelles seront alors les valeurs cardinales sur lesquelles fonder notre intervention ? »

Dans les moments difficiles, l’homme revient aux fondamentaux et réduit
les choix possibles : c’est l’instinct de survie. En imaginant des scénarios difficiles dès les premiers croquis, nous avons fait de même.

Dans cette opération, nous avons mis en pause les recherches sur l’urbanité et le développement d’un potentiel, méthodes chères à l’agence et expérimentées dans d’autres projets, pour revenir à un postulat essentiel : un espace existe seulement s’il est construit.

Simplification, soustraction, valeurs sûres sont les trois lignes directrices du projet 70° Sud, dont le nom a été choisi par l’équipe Marketing du client.

Simplification : dans sa technicité qui aide à réduire les coûts. Un seul détail ordonne pratiquement l’intégralité du projet : fenêtre – coursive – garde-corps. Dans cet ensemble sont également incluses les protections solaires et les ventilations.

Soustraction : la structure devient façade, le béton se fait parement, ni élément superflu, ni ornement gratuit. Valeurs sûres : pour attirer des clients potentiels, la stratégie mise en place avec le promoteur est fondée sur la mise en avant des qualités pérennes du bâtiment : lumière, orientation, vues, organisation.

Si chaque individu singularise son logement en fonction de ses propres moyens et de ses goûts, les fondamentaux de la qualité sont, dans ce bâtiment, assurés.

Extraits du mémoire de concours :

Le projet propose un bâtiment sur rue au dessin simple et lisible. Les façades exposées respectivement au Sud et à l’Est sont pourvues d’ouvertures nombreuses et généreuses, prolongeant l’intérieur des logements vers les coursives filantes le long du bâtiment. De larges balcons viennent s’intercaler dans ce linéaire, en saillie par rapport aux coursives.

Les éléments sortants et les bandes filantes entre les étages donnent à la construction un effet de bloc effilé sur les rues Yves Kermen et Emile Zola.

Le bâtiment remplit son rôle « d’angle » d’îlot et crée ainsi une séparation nette avec les bâtiments environnants.
Les jeux de pleins et vides, de lignes horizontales et verticales, d’ombres et de lumières, du verre et des stores, rendent les façades à la fois sobres et animées.

À la simplicité du dessin il s’agit d’opposer la richesse de la matière. Nous avons cherché un revêtement lisse, précis, raffiné mais assez riche pour réfléchir la lumière, la réverbérer et prendre en compte les couleurs de son environnement.

 


MAITRISE D’OEUVRE :

LAN architecture

Maître d'ouvrage:

NACARAT

Programme :

58 logements en accession à la propriété, dont 20 logements en démembrement

Calendrier :

Concours 2008 - livraison 2011

 
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