Projet :

71 logements dont 16 sociaux avec 370 m² de bureaux et parking







photographies © Cécile Septet

Description :

La parcelle à construire se situe sur cette étroite langue de terre située entre l'étang de Thau et la mer Méditerranée, à l'entrée Nord de la vieille ville, à proximité du port de commerce et de ses gigantesques installations industrielles. Dernier lot d'un ensemble d'opérations de logement débuté à la fin des années 1990, cette parcelle est la première pierre d'un ambitieux projet urbain visant la reconversion de vastes friches industrielles portuaires en quartier d'activités et d'habitations. Le projet s'attache donc à articuler ces différentes échelles et temporalités. Comment évoquer l'histoire du site tout en imprimant, par l'architecture, une identité contemporaine à cette entrée de la ville de Sète et à ces quartiers en gestation ? Comment répondre aux échelles titanesques du port et à ses horizons marins tout en prolongeant les modes d'habiter de la vieille ville ? La parcelle est elle-même dans une situation transitoire. Les urbanistes en charge du nouveau quartier la projette, à terme, bordée par trois voies et complétant un îlot. Elle se trouve, dans les faits, à l'angle de deux voies et mitoyenne d'un parking aérien au statut privé. Les règlements urbains interdisent dès lors toute possibilité d'alignement sur ce parking, et donc de s'adosser au mur mitoyen aveugle de l'opération de logement voisine.
Comment articuler le temps de conception du bâtiment et celui, beaucoup plus long, de la ville ? En scindant le bâtiment.

Morphologie de l'opération : des plots de logements posés sur un socle de commerces et parkings.
Le projet propose ainsi trois plots s'installant sur un socle à rez-de-chaussée. Le programme est composé de quatre parties distinctes : seize logements sociaux aux types variés, cinquante-cinq logements en accession répartis en deux pièces et trois pièces, des locaux d'activités et les parkings pour l'ensemble. Le socle accueille les commerces et parking tandis que les plots hébergent les logements. Le socle s'adresse au piéton tandis que les plots répondent au paysage spécifique du port de commerce tout en profitant des vues dégagées qu'offrent celui-ci. Enfin, le socle matérialise la parcelle en créant à rez-de-chaussée des limites entre espaces publics et espaces privés tandis que les plots répondent à la situation spécifique de celle-ci. Ainsi, le plot de logements sociaux de six niveaux assure la transition avec l'existant et se retrouve de ce fait au cœur de l'opération. Plus qu'une délicatesse urbaine pour l'opération voisine, c'est une façon de créer du « lien social » en accueillant plutôt qu'en incluant. Les deux autres plots de huit niveaux sont alors libres d'exprimer leur autonomie. Le plot de l'angle marque l'entrée de la vieille ville tout en s'adressant aux installations du port de commerce et aux futurs aménagements des friches portuaires. Le plot arrière s'installe sur des places de stationnement accompagné de jardins : en apparaissant comme un objet sculptural en cœur d'ilot disparaît l'impossibilité réglementaire de s'adosser au mitoyen existant. S'insérer dans le site par ses usages. Les plots sont aussi l'expression de l'idée d'une « architecture méditerranéenne » répondant à des modes d'habiter propre à ce climat : vivre dehors tout en sachant se protéger des fortes chaleurs. L'organisation en plot permet en effet de proposer des logements à double orientation, dont les séjours aux angles profitent pleinement. Les balcons longent les façades : chaque pièce trouve un prolongement à l'extérieur, il devient possible de faire le tour de son appartement par le balcon. L'angle du séjour est tronqué. Le balcon devient alors suffisamment large pour y installer table et chaises. Un claustra en acier galvanisé protège des fortes chaleurs tout en offrant une belle intimité. Il épouse le galbe esquissé par les balcons de profondeurs différentes. Il unifie les trois plots, en simplifie la lecture : ils deviennent de gigantesques cocons d'acier, évoquant par leur matériau le monde maritime, par leur forme les étraves de bateaux, par le bruit du vent dans la résille le cliquetis des mats dans un port.
Le claustra métallique : une architecture d'ombre et d'intimité. Ce claustra d'acier galvanisé esquisse une architecture d'ombre, d'intimité et de contrôle des apports solaires – laisser passer la basse lumière hivernale tout en bloquant les hauts rayons estivaux. Il permet aussi aux habitants de s'approprier leur balcon sans gêner son voisin, de préserver son « chez soi » tout en profitant de la vue et de la vie du centre-ville.

Flexibilité des logements
Garantir cette appropriation par les habitants, c'est aussi proposer des appartements évolutifs. Ils sont ainsi dégagés de toutes contraintes techniques par les façades et le noyau de distributions collectives rendus porteurs, les gaines techniques étant placées majoritairement contre ce noyau. Les séparatifs entre logements sont eux aussi porteurs afin de garantir un parfait confort acoustique entre logements. Garantir cette flexibilité participe in fine à la durabilité du bâtiment en envisageant de futures modifications.

Le parking paysage
Dans les questions posées par notre société soucieuse de « développement durable », la place de l'automobile est prépondérante. Or, la proximité de l'étang de Thau et de la mer Méditerranée rend règlementairement impossible d'enterrer les 92 places de stationnement exigées par cette même réglementation. Ce paradoxe sociétal - obliger à la création de parking que la crise énergétique contredit à long terme, en tout cas dans ces dimensions, tout en interdisant leur enfouissement par crainte d'une actualité récente - doit pourtant être résolue par le projet. Jouant d'inclinaisons de sol, le parking produit une topographie artificielle en cœur d'ilot. Accueillant des places de stationnement ou des jardins, ce nouveau sol devient un paysage. Ce sont des surfaces en béton clair désactivé ou balayé correspondant aux voiries et places de stationnement évoquant le calcaire coquiller, ponctuées de parterre de pierres concassées, plantées d'une végétation caractéristique de la région. Ce sol est protégé par une strate arbustive portant ombre et créant par sa canopée une distance nécessaire entre les logements et le passant utilisateur.

L'innovation dans les procédés de construction et la mise en œuvre
La complexité constructive que laisse présager le bâtiment est déjouée par l'optimisation de sa géométrie. Ainsi, le galbe du claustra métallique, changeant car répondant à des géométries différentes, se décompose en six cas de figure distincts. A l'aide d'un modèle informatique en trois dimensions, lié à une technologie de découpe numérique détenue par l'entreprise de serrurerie assurant l'exécution de ce claustra, la mise en œuvre se trouve considérablement facilitée et raccourcie. Un même travail a été mené pour les filières dites traditionnelles. Il n'y a que trois types de fenêtres différentes ; les courbes similaires des balcons autorisent les mêmes coffrages.

Développement durable :
- Label Habitat et Environnement
- Label CERQUAL
- Démarche HQE (cibles 1, 4 à 10)
- Logements à double orientation
- Protection et contrôle solaire grâce à l'utilisation de résille
- Préservation de l'ensoleillement du jardin par le galbe
- Toiture des activités végétalisée

 

MAITRISE D’OEUVRE :

Architectes > CFA (Benjamin Colboc, Manuela Franzen, Arnaud Sachet)
Équipe > Ulrich Faudry, Guillaume Choplain, J. Von Spoeneck

Maître d'ouvrage:

Pragma

Situation :

SETE (34)

Livraison :

Livraison de l’ensemble Septembre 2011

 
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